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Comment l'arrêt maladie compte pour votre retraite : la règle des 60 jours

Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · 8 min de lecture

Un arrêt maladie, même prolongé, ne signifie pas forcément perdre des trimestres de retraite. Mais les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde — et les subtilités peuvent coûter cher si on les ignore.

La différence fondamentale : trimestre cotisé vs trimestre assimilé

Quand vous travaillez et percevez un salaire, vos cotisations retraite génèrent des trimestres cotisés. En arrêt maladie, les indemnités journalières (IJ) versées par votre caisse ne sont pas soumises aux cotisations vieillesse.

Vous ne cotisez donc pas à la retraite pendant votre arrêt. Mais vous pouvez quand même valider des trimestres — qu'on appelle trimestres assimilés. C'est une protection prévue par la loi (article L351-3 du Code de la sécurité sociale) pour éviter que les périodes de maladie pénalisent trop lourdement votre carrière retraite.

La règle des 60 jours (salariés — régime général / CPAM)

Pour les salariés du régime général, la règle est claire :

  • 60 jours d'indemnités journalières = 1 trimestre assimilé
  • Maximum 4 trimestres par an
  • Le report est automatique — votre CPAM transmet les données à l'Assurance Retraite, sans démarche de votre part

Ce mécanisme fonctionne dès le premier arrêt, quel qu'en soit le motif : maladie ordinaire, ALD, accident, burnout.

> Attention : il faut que les IJ soient effectivement versées. Un arrêt sans indemnisation (délai de carence non couvert, temps partiel sans droits ouverts…) ne génère pas de trimestre assimilé.

Et pour les indépendants (SSI) ?

La situation est différente pour les travailleurs indépendants gérés par la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI, ex-RSI).

Les indépendants valident leurs trimestres sur la base de leurs revenus professionnels, pas de leurs IJ. En 2025, il faut gagner au moins 1 782 € par trimestre (150 × SMIC horaire brut) pour valider un trimestre de retraite de base.

En arrêt maladie prolongé :

  • Si vos revenus restent suffisants (activité partielle, revenus récurrents), les trimestres continuent à se valider normalement
  • Si vos revenus tombent à zéro, aucun trimestre cotisé n'est généré pour les périodes sans revenu
  • Les IJ versées par la SSI ne comptent pas dans le calcul des trimestres

Conséquence pratique : un indépendant en arrêt maladie long peut se retrouver avec des "trous" sur son relevé de carrière que les salariés n'ont pas. Consultez votre espace SSI pour vérifier votre situation.

L'impact sur le montant de votre pension

Valider des trimestres assimilés protège votre taux plein (durée d'assurance requise pour ne pas subir de décote). Mais ce n'est pas tout : l'arrêt maladie peut quand même réduire le montant de votre pension.

Voici pourquoi : votre retraite de base est calculée sur la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire (salaire annuel moyen, ou SAM). Les indemnités journalières n'entrent pas dans ce calcul — elles ne sont pas des salaires.

Si votre arrêt tombe sur une année qui aurait pu figurer parmi vos 25 meilleures années, cette année risque d'être moins favorable qu'elle ne l'aurait été sans arrêt. En revanche, si l'arrêt survient sur une année déjà faible (début de carrière, temps partiel…), l'impact sera limité.

La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO (salariés du privé)

Pour les salariés du secteur privé, l'arrêt maladie peut aussi impacter la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Bonne nouvelle : il existe un mécanisme de points gratuits de solidarité.

Pour en bénéficier :

  • L'arrêt doit dépasser 60 jours consécutifs
  • Vous devez être indemnisé par la Sécurité sociale (IJ versées)
  • Les points sont calculés sur la base de vos droits de l'année précédant l'arrêt

Ces points gratuits s'accumulent sans que vous ayez à cotiser, tant que durent les IJ. Pour les ALD, il n'y a pas de limite de durée.

Ce que vous devez vérifier sur votre relevé de carrière

Votre relevé de carrière (accessible sur info-retraite.fr) liste tous vos trimestres, cotisés et assimilés. Après un arrêt maladie significatif, vérifiez :

  1. Que les trimestres assimilés apparaissent bien pour la période concernée
  2. Le libellé "Indemnités journalières maladie" doit figurer en regard des trimestres
  3. Si des trimestres manquent, signalez-le à votre CPAM ou à votre caisse retraite via votre espace personnel en ligne

En cas d'erreur, une régularisation de carrière est possible. Ne laissez pas des trimestres manquants sans réaction — certaines erreurs peuvent se corriger jusqu'à la liquidation de la retraite.

En résumé

| Situation | Trimestres assimilés | Impact sur la pension |

|---|---|---|

| Salarié (CPAM), arrêt < 60 jours | Non | Faible si bonne année SAM |

| Salarié (CPAM), arrêt ≥ 60 jours | Oui (1 / 60 j) | Possible si SAM impacté |

| Indépendant (SSI), revenus maintenus | Trimestres cotisés normaux | Peu d'impact |

| Indépendant (SSI), revenus à zéro | Non | Risque de trous de carrière |

Un arrêt maladie n'efface pas automatiquement votre retraite. Mais si vous ne vérifiez rien et ne signalez rien, personne ne le fera à votre place.

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📚 Sources officielles

Les informations de cet article sont basées sur les textes officiels en vigueur. En cas de doute, consultez un professionnel.