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Arrêt maladie et retraite : un trimestre validé tous les 60 jours

Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 15 septembre 2026 · 8 min de lecture

Cet article couvre les salariés du régime général (CPAM) et les travailleurs indépendants (SSI). Les règles diffèrent radicalement entre les deux, et c'est précisé à chaque étape. Les fonctionnaires relèvent d'un régime distinct.

Un arrêt maladie, même long, ne vous fait pas perdre votre retraite. C'est la première chose à savoir, parce que c'est la peur la plus répandue et qu'elle est largement infondée.

Mais il y a une nuance qui coûte cher si on l'ignore : valider des trimestres et améliorer le montant de sa pension sont deux choses différentes. Vos arrêts font la première, pas la seconde.

Trimestre cotisé, trimestre assimilé : la distinction qui commande tout

Quand vous travaillez, vos cotisations génèrent des trimestres cotisés.

Pendant un arrêt, les indemnités journalières ne sont pas soumises à cotisation vieillesse. Vous ne cotisez donc plus. Mais la loi prévoit une protection : ces périodes valident des trimestres assimilés, qui comptent comme des trimestres pour vos droits.

Les deux se valent pour atteindre le taux plein. Ils ne se valent pas pour tout le reste — on y revient plus bas.

La règle : 60 jours d'indemnités, un trimestre

Pour les salariés du régime général :

  • 60 jours d'indemnités journalières versées = 1 trimestre assimilé
  • Maximum 4 trimestres par année civile
  • Le report est automatique : votre CPAM transmet à l'Assurance Retraite, vous n'avez aucune démarche à faire

Autrement dit, un arrêt indemnisé toute l'année valide l'année entière, exactement comme si vous aviez travaillé.

La règle s'applique dès le premier arrêt et quel qu'en soit le motif : maladie ordinaire, ALD, accident du travail, maladie professionnelle, épuisement professionnel.

La condition à ne pas rater : les indemnités doivent être effectivement versées. Un arrêt non indemnisé — carence non couverte, droits épuisés, reprise partielle sans indemnisation — ne valide rien. C'est le seul cas où des trimestres se perdent vraiment.

En invalidité, c'est encore plus simple

Si vous basculez en pension d'invalidité, la règle change et devient plus favorable : chaque trimestre civil pendant lequel vous percevez la pension valide un trimestre, sans condition de durée.

Un trimestre de pension, un trimestre validé. Automatiquement.

Ces trimestres s'ajoutent à ceux acquis pendant l'arrêt maladie qui a précédé. Sur un parcours arrêt long puis invalidité, la validation est donc continue — voir notre article sur le passage en invalidité.

Pour les indépendants, les règles n'ont rien à voir

C'est là que beaucoup se font surprendre.

Les travailleurs indépendants valident leurs trimestres sur leurs revenus professionnels, pas sur leurs indemnités journalières. Les IJ versées par la SSI ne comptent pas dans le calcul.

Concrètement :

  • Revenus maintenus pendant l'arrêt, même partiellement → les trimestres continuent de se valider normalement
  • Revenus tombés à zéro → aucun trimestre validé pour la période

Un indépendant en arrêt long peut donc se retrouver avec de vrais trous sur son relevé de carrière, là où un salarié n'en aurait aucun. Le détail dans notre article dédié aux indépendants en arrêt maladie.

Ce que vos arrêts coûtent quand même

Valider des trimestres protège votre taux plein. Ça ne protège pas le montant de votre pension.

Votre retraite de base se calcule sur la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire. Les indemnités journalières n'étant pas des salaires, elles n'entrent pas dans ce calcul.

Deux cas très différents :

  • L'arrêt tombe sur une année qui aurait figuré parmi vos 25 meilleures → cette année sera moins bonne, et votre pension en portera la trace à vie
  • L'arrêt tombe sur une année déjà faible, ou vous avez déjà 25 bonnes années derrière vous → l'impact est nul

C'est mathématique et ça ne se rattrape pas après coup. Si vous approchez de la retraite avec un arrêt long en cours, c'est le point à faire chiffrer.

Et une limite que presque personne ne mentionne : contrairement aux trimestres cotisés, les trimestres assimilés ne sont pas toujours retenus pour les dispositifs de retraite anticipée, notamment la carrière longue. L'Assurance Retraite le précise explicitement. Si vous visez un départ anticipé, faites vérifier votre situation plutôt que de compter vos trimestres vous-même.

La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO

Pour les salariés du privé, l'arrêt touche aussi la complémentaire — et là encore, un mécanisme de solidarité existe.

Des points gratuits vous sont attribués, sous trois conditions :

  • L'arrêt dépasse 60 jours consécutifs
  • Vous êtes indemnisé par la Sécurité sociale
  • Les points sont calculés sur vos droits de l'année précédant l'arrêt

Ces points s'accumulent sans cotisation tant que durent les indemnités. En ALD, il n'y a pas de limite de durée.

Attention au seuil : les 60 jours doivent être consécutifs pour la complémentaire, alors qu'ils sont cumulés pour la retraite de base. Deux arrêts de 35 jours valident un trimestre de base, mais n'ouvrent aucun point gratuit. Le détail dans notre article AGIRC-ARRCO et arrêt maladie.

Ce qu'il faut vérifier sur votre relevé de carrière

Le report est automatique, mais pas infaillible. Sur info-retraite.fr, contrôlez trois choses :

  1. Les trimestres assimilés apparaissent bien sur la période de votre arrêt
  2. La mention « indemnités journalières maladie » figure en regard
  3. Le compte est bon : un trimestre par 60 jours indemnisés, dans la limite de 4 par an

Si des trimestres manquent, une régularisation de carrière se demande depuis votre espace personnel. Certaines erreurs se corrigent jusqu'à la liquidation, mais plus vous attendez, plus les justificatifs sont difficiles à réunir.

Prochaines étapes concrètes

  1. Ouvrez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr et vérifiez la période de votre arrêt. Dix minutes.
  2. Comptez vous-même : nombre de jours indemnisés ÷ 60, plafonné à 4 par an. Comparez avec ce qui est reporté.
  3. Signalez toute anomalie via le service de régularisation de carrière, sans attendre.
  4. Si vous êtes indépendant, vérifiez vos revenus déclarés par année : c'est là que se créent les trous, pas dans vos arrêts.
  5. Si un départ anticipé vous concerne, demandez un entretien information retraite gratuit à votre Carsat — les trimestres assimilés n'y ouvrent pas les mêmes droits.
  6. Ne liquidez rien sans bilan. Retraite anticipée, retraite pour inaptitude, rachat de trimestres : ces décisions sont définitives.

Article informatif à jour de septembre 2026, établi d'après les sources officielles citées ci-dessous. Il ne remplace pas un entretien avec votre caisse de retraite, seule habilitée à analyser votre relevé de carrière réel.

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📚 Sources officielles

Les informations de cet article sont basées sur les textes officiels en vigueur. En cas de doute, consultez un professionnel.