PER et arrêt maladie : peut-on continuer à alimenter son Plan d'Épargne Retraite ?
Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 22 juin 2026 · 8 min de lecture
PER et arrêt maladie : peut-on continuer à alimenter son Plan d'Épargne Retraite ?
Cet article concerne tous les régimes : salariés du secteur privé (CPAM), travailleurs indépendants (SSI) et fonctionnaires. Les spécificités de chaque statut sont précisées au fil du texte.
Vous êtes en arrêt maladie — peut-être depuis plusieurs semaines, peut-être depuis des mois — et vous vous demandez ce qu'il advient de votre Plan d'Épargne Retraite (PER). Pouvez-vous continuer à y verser de l'argent ? Est-ce que ça a encore un intérêt fiscal quand vos revenus chutent ? Et surtout, pouvez-vous récupérer l'argent placé si la situation financière devient tendue ?
Ces questions, peu de conseillers y répondent clairement. Voici le point complet, avec les règles applicables en 2026.
Ce qu'il faut comprendre sur le PER en 30 secondes
Le Plan d'Épargne Retraite (PER), créé par la loi PACTE, est un produit d'épargne à long terme. Vous y versez de l'argent, qui est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé). En contrepartie, les sommes versées sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel.
Le PER existe en trois versions :
- PER individuel (PERin) : ouvert à tous, vous le gérez vous-même.
- PER d'entreprise collectif (PERECO) : proposé par votre employeur, avec parfois un abondement.
- PER d'entreprise obligatoire (PERO) : imposé par l'employeur à certaines catégories de salariés.
Un arrêt maladie ne change pas la nature du contrat. Mais il change votre capacité à l'alimenter et l'intérêt de le faire.
Peut-on verser sur son PER pendant un arrêt maladie ?
Sur un PER individuel : oui, sans restriction
Si vous détenez un PER individuel, rien ne vous interdit de continuer à effectuer des versements volontaires pendant un arrêt maladie, quelle que soit sa durée. Le PER individuel est un contrat entre vous et un assureur ou un gestionnaire d'actifs. Votre situation professionnelle n'entre pas en ligne de compte.
Cela vaut aussi bien pour les salariés du régime général, les travailleurs indépendants affiliés à la SSI que pour les fonctionnaires.
Concrètement :
- Vous pouvez maintenir vos versements programmés.
- Vous pouvez effectuer des versements ponctuels.
- Vous pouvez aussi suspendre ou réduire vos versements sans pénalité.
Sur un PER d'entreprise (PERECO ou PERO) : ça dépend
Pour les salariés du secteur privé disposant d'un PER d'entreprise, la situation est différente :
- Les versements obligatoires (PERO) sont généralement assis sur le salaire brut. Pendant un arrêt maladie, si le maintien de salaire cesse, ces versements peuvent être suspendus. Consultez votre accord d'entreprise.
- L'abondement employeur (PERECO) est souvent conditionné à un versement volontaire du salarié et à la présence effective. Pendant un arrêt maladie, certains employeurs maintiennent l'abondement, d'autres non. C'est le règlement du plan qui fait foi.
- L'intéressement et la participation restent versables sur le PER même pendant un arrêt maladie, à condition que vous soyez toujours salarié de l'entreprise au moment de la distribution.
Quel est l'intérêt fiscal quand vos revenus baissent ?
C'est LA question cruciale. Le principal avantage du PER, c'est la déduction fiscale à l'entrée. Mais cette déduction n'a d'intérêt que si vous payez de l'impôt sur le revenu.
Or, en arrêt maladie :
- Vos indemnités journalières (IJSS) sont imposables (sauf celles perçues dans le cadre d'une ALD pour les salariés du régime général).
- Votre complément employeur (maintien de salaire) est imposable.
- Une éventuelle pension d'invalidité est aussi imposable.
Votre revenu imposable est donc souvent inférieur à votre revenu habituel. Conséquence directe : la déduction fiscale du PER vous fait économiser moins d'impôt qu'en temps normal.
Le tableau qui résume tout
| Situation pendant l'arrêt maladie | Revenu imposable estimé | Intérêt de verser sur le PER | Conseil |
|---|---|---|---|
| Maintien de salaire à 100 % (employeur) | Proche du salaire habituel | Élevé — la déduction reste pleinement avantageuse | Maintenez vos versements si possible |
| IJSS seules (sans complément) | 50 % du salaire environ | Modéré — vérifiez votre tranche d'imposition | Réduisez les versements, conservez de la trésorerie |
| IJSS en ALD (exonérées d'impôt pour les salariés) | Très faible voire nul | Faible — la déduction ne sert presque à rien | Suspendez les versements, privilégiez l'épargne liquide |
| Pension d'invalidité catégorie 1 ou 2 | Variable (30 à 50 % du salaire antérieur) | Modéré à faible | Arbitrez selon votre tranche marginale réelle |
| Travailleur indépendant (SSI) en arrêt | IJSS très réduites, souvent < 60 €/jour max | Faible — la priorité est la trésorerie | Suspendez temporairement, reprenez à la reprise d'activité |
Le plafond de déduction en 2026
Pour les salariés et fonctionnaires, le plafond de déduction des versements sur un PER individuel est égal au plus élevé des deux montants suivants :
- 10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, dans la limite de 10 % de 8 fois le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale 2026 : 47 100 €), soit un maximum de 37 680 €.
- Ou 4 710 € (10 % du PASS), même si vos revenus sont nuls.
Pour les travailleurs indépendants (SSI), le plafond est plus élevé (jusqu'à 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS + 15 % du bénéfice entre 1 et 8 PASS), mais là encore, si votre bénéfice chute pendant l'arrêt, le plafond utile chute aussi.
Point important : le plafond non utilisé est reportable sur les 3 années suivantes. Si vous ne versez rien pendant votre arrêt maladie, vous pourrez rattraper en versant davantage les années suivantes, une fois vos revenus rétablis.
Peut-on débloquer son PER à cause d'un arrêt maladie ?
Le PER est en principe bloqué jusqu'à la retraite. Mais la loi prévoit 6 cas de déblocage anticipé. Parmi eux, un cas peut concerner directement les personnes en arrêt maladie prolongé :
- Invalidité du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants : si votre arrêt maladie débouche sur une mise en invalidité (catégorie 1, 2 ou 3), vous pouvez demander le déblocage anticipé de votre PER. La notion retenue est celle de l'invalidité au sens de la 2e ou 3e catégorie de la Sécurité sociale, ou d'un taux d'incapacité d'au moins 80 %.
- Cessation d'activité non salariée suite à une liquidation judiciaire : ce cas concerne les travailleurs indépendants dont l'arrêt maladie prolongé a conduit à la fermeture de l'entreprise.
En revanche, un arrêt maladie seul, même longue durée, ne constitue pas un cas de déblocage anticipé. Il faut une reconnaissance officielle d'invalidité ou un autre cas prévu par la loi (surendettement, acquisition de la résidence principale, etc.).
Comment demander le déblocage ?
- Réunissez le justificatif officiel (notification d'invalidité par la CPAM ou la SSI, jugement de liquidation judiciaire).
- Contactez l'organisme gestionnaire de votre PER (assureur, banque, société de gestion).
- Remplissez le formulaire de demande de rachat anticipé.
- Les fonds sont généralement versés sous 30 jours.
Le déblocage peut se faire en capital, en rente, ou un mix des deux, selon les conditions du contrat.
Les erreurs à ne pas commettre
- Continuer à verser par automatisme alors que vos revenus ont chuté et que vous êtes non imposable : vous perdez le bénéfice de la déduction, et vous immobilisez de l'argent dont vous pourriez avoir besoin.
- Ne pas vérifier votre plafond de déduction disponible sur votre dernier avis d'imposition (ligne « plafond épargne retraite »). Ce serait dommage de gaspiller ce plafond une année où il ne vous sert à rien.
- Ignorer le report de plafond : c'est votre meilleur allié. Gardez vos cartouches pour les années où vous repasserez dans une tranche d'imposition plus élevée.
- Confondre arrêt maladie et invalidité pour tenter un déblocage : sans notification officielle d'invalidité, votre demande sera refusée.
Prochaines étapes concrètes
- Vérifiez votre avis d'imposition 2025 (revenus 2024) : repérez la ligne « plafond épargne retraite » pour connaître votre plafond disponible, y compris les reports des 3 années précédentes.
- Estimez votre revenu imposable 2026 en tenant compte de vos IJSS, du maintien de salaire éventuel et de toute pension d'invalidité. Le simulateur officiel impots.gouv.fr peut vous aider.
- Contactez votre gestionnaire de PER pour ajuster vos versements : réduction, suspension ou maintien selon votre situation. La plupart des contrats permettent une modification en ligne en quelques clics.
- Si vous êtes en cours de passage en invalidité, rassemblez dès maintenant la notification de la CPAM ou de la SSI. Ce document sera indispensable pour un éventuel déblocage anticipé.
- Conservez une épargne de précaution liquide (Livret A, LDDS) avant de penser au PER. En arrêt maladie, votre priorité reste de sécuriser votre quotidien.
- Planifiez la reprise : une fois de retour en activité, vous pourrez utiliser les plafonds reportés pour verser davantage sur votre PER et maximiser la déduction fiscale à ce moment-là.
Le PER reste un excellent outil de préparation à la retraite, y compris quand la vie professionnelle connaît un coup d'arrêt. Mais il doit s'adapter à votre réalité du moment, pas l'inverse.
Compensez les années difficiles avec un PER
Les interruptions de carrière (maladie, maternité…) réduisent votre salaire annuel moyen. Un Plan d'Épargne Retraite vous permet de combler cet écart tout en déduisant vos versements de vos impôts. Linxea propose l'un des meilleurs PER du marché — sans frais d'entrée.
Découvrir le PER Linxea →Lien partenaire — nous percevons une commission si vous souscrivez, sans surcoût pour vous.
📚 Sources officielles
Les informations de cet article sont basées sur les textes officiels en vigueur. En cas de doute, consultez un professionnel.
- Service-Public.fr – Plan d'épargne retraite (PER) — consulté en juin 2026
- Impots.gouv.fr – Déduction des cotisations d'épargne retraite — consulté en juin 2026
- Legifrance – Article L224-4 du Code monétaire et financier (cas de déblocage anticipé du PER) — consulté en juin 2026
- Sécurité sociale (PASS 2026) — consulté en janvier 2026
- Ameli.fr – Indemnités journalières et imposition — consulté en juin 2026
À lire aussi
Rente d'accident du travail (AT/MP) : calcul, montant et droits en 2026
Rente AT/MP 2026 : comment est-elle calculée, quel montant selon votre taux d'IPP, et quels sont vos droits ? Guide complet avec exemples concrets.
Vos droitsCumul emploi-retraite et arrêt maladie : ce que vous devez savoir sur vos droits et indemnités en 2026
Cumul emploi-retraite et arrêt maladie : avez-vous droit aux IJSS ? Quels impacts sur votre pension ? Tout ce qu'il faut savoir en 2026.
RetraiteRachat de trimestres de retraite : conditions, coût et intérêt quand on a eu des arrêts maladie
Rachat de trimestres retraite en 2026 : conditions, coût, barème et stratégie quand des arrêts maladie ont créé des trous dans votre carrière.